CAM

CAM CARON

Cam Caron, alias Cam$wag, est un.e artiste multidisciplinaire queer et un.e Super-Star d’impro-lutte, originaire de Tiohtiá:ke / Montréal. Son parcours scolaire est atypique; son secondaire dans une concentration musique, à la trompette. Ses études collégiales en mode, puis en littérature. Un certificat en arts visuels à l’UQAM, où iel a suivi un cours de textiles à L’ESG de Mode. Cette année, en avril 2021, Cam termine un Baccalauréat en Beau-Arts à l’Université Concordia avec une Majeur en “Studio Arts”.

Son parcours artistique est tout autant hétéroclite; d’abord, plusieurs années dans des troupes d’improvisation. Puis, plusieurs années dans la troupe d’impro-lutte LA WIM. Membre de son comité administratif depuis 2 ans. Direction artistique de la web-série CO-WIM 19, en novembre 2020. Un projet subventionné par le Conseil des Arts du Canada. Entre-temps, en automne 2018, Cam collabore avec la chorégraphe et artiste PinSauvage. Le duo monte le numéro multidisciplinaire “Personnalité décapante” pour le festival Passerelle 840. Cam$wag en crée les costumes à partir de tissus recyclés. Aujourd’hui, et depuis quelques mois déjà, Cam travaille à la main le textile de déchets quotidien.

VIDANGE – GARBAGE

J’ai fait mon “coming-out” il y a quelques années: Mon genre est fluide et j’aime les déchets. Depuis la pandémie, seul.e, j’observe mes rebuts. Les lingettes démaquillantes, souvenirs de mes genres “performés”. Maintenant les masques, accessoires jetables incontournables. Ces matières deviennent des matériaux. Je confectionne d’abord des tissus à partir de ceux-ci, inspirés du procédé de la courtepointe. Je rassemble ces traces qui se dégradent plus lentement que moi-même je ne vieillirai. Comme les fossiles de mes jours performés, sans public depuis la pandémie.

J’ai confectionné un humanoïde de détritus. Enveloppe de “morphsuit usagé” recouverte d’un costume de mes confections textiles: Une peau de lingettes démaquillantes sales, un corset et une fraises de masques souillés, un tutu de feuilles d’assouplisseur et d’autres matières désuètes. L’intérieur de cette créature est composé de sacs de plastique gonflés d’air.

J’ai mis en scène une séance photo de cet “être-sculpture”. Dans des environnements où l’on retrouve au sol les matières utilisées pour sa confection. Cette relation avec le décor permet de passer une critique sur l’avenir de ces matériaux et sur l’enjeu de notre propre sur-utilisation de plastique à usage unique.