JULIA

JULIA DURANLEAU

Biographie

Native de Québec, j’entame mes débuts en tant qu’artiste multidisciplinaire à Montréal. À la suite d’un bref parcours en philosophie à l’Université Laval, je tente de mettre en lumière mes recherches théoriques et philosophiques à travers une démarche artistique qui reflète davantage ma sensibilité. Mon baccalauréat
en arts plastiques à Concordia m’aura permis de m’aventurer dans diverses disciplines, tout en me motivant à concilier mes médiums de prédilection. J’y laisse s’épanouir une passion pour l’histoire de
l’art, la peinture, l’art imprimé, la photographie, l’art textile et, finalement, l’art vidéo.

Cette dernière discipline est survenue dans ma pratique au moment où j’en avais le plus besoin. L’art vidéo m’a appris, entre autres, à lâcher prise. Et c’est probablement parce que je me sens pratiquement
démunie, et donc libre, au sein de cette discipline. Ce médium me permet de véritablement explorer ce qui m’est à la fois intrinsèque et extrinsèque, afin de pénétrer dans un univers de contemplation objective.

Je suis portée à explorer la façon dont un corps occupe l’espace, l’habite, l’interprète, l’influence. Je documente la trace qu’il y laisse, comme un témoignage physique, vain mais vivant. La performance, que je combine maintenant à mes images vidéo, me permet de documenter cette interaction entre mon corps et son environnement, mais aussi de capter le comportement de mon esprit confronté aux mises en scène que je crée dans mes films. Je tente ainsi d’y illustrer comment le corps et l’esprit se laissent influencer par l’espace et le temps, comme impuissants, absents, et résignés au sein de la performance. L’art vidéo est une autre occasion pour moi de performer, de laisser mon corps et mon esprit se faire gouverner par les évènements réels, mais aussi par les évènements provoqués et manipulés à travers la réalisation vidéographique. Selon moi, une performance est synonyme de vanité si elle ne peut pas être filmée, et
réinterprétée à travers le montage. C’est précisément ce principe de « mise en scène » qui me permet de brouiller les pistes, de confondre la fiction et le documentaire, le rêve et la réalité, la vérité et le mensonge, et ce, afin de faire resurgir des apprentissages cathartiques de toutes mes performances artistiques. Finalement, l’art vidéo me sert à montrer la vie, telle qu’elle est, c’est à dire complexe et absurde, en me servant des images et de la narration comme le témoignage du peu qu’il aura été possible de prélever, et de tout ce qui demeurera à jamais inaccessible.